Introduction à Clés pour apprendre

Texte écrit par Erica Louis en 2008

Devant les résultats scolaires décevants d’un enfant, la réaction la plus courante est de type moral : a-t-il fait assez d’efforts ? A-t-il appris suffisamment ses leçons ? Travaille-t-il assez ? Est-il assez suivi par ses parents ? Ne regarde-t-il pas trop la télévision ?

La seconde réaction, quand la première n’a pas abouti est de type psychologique : Cet enfant souffre-t-il de jalousie fraternelle ? Ses parents sont-ils divorcés ? Est-il couvé par sa mère ? Ou au contraire laissé à lui-même ?

Il existe une troisième voie, plus technique et fonctionnelle qui est de type pédagogique, je vous propose de l’explorer avec moi.

Pendant ma longue carrière d’enseignante, je vous avoue que je n’ai pas rencontré un enfant qui n’aurait pas désiré, lui aussi avoir de bons résultats scolaires. Et si parfois certains affichaient un certain laxisme ou proféraient des paroles qui auraient pu faire croire à un détachement affectif et à un désintérêt, j’ai appris à passer outre et à considérer ces comportements comme des conséquences d’un découragement devant des échecs répétés, comme une blessure narcissique profonde, plutôt que d’y voir la marque d’un désintérêt ou d’un laxisme caractériel.

Les élèves étiquetés « paresseux » ou « démotivés » étaient en fait des enfants démunis qui ne savaient pas utiliser de bonnes démarches mentales pour réussir. Cers enfants avaient fait très tôt l’expérience de leur inadéquation, et faute de remédiation scolaire efficace ont préféré garder la tête haute et dire que l’école « c’est nul », « cela ne m’intéresse pas », plutôt que d’accepter le fait que leurs efforts ne les menaient que dans des impasses. Ces mêmes enfants, une fois détectés, reconnus dans leurs ressources et conseillés dans leur gestion mentale, se sont avérés, à leur tour, compétents.

Toutefois pour certains enfants, cette troisième voie ne s’avéra pas efficace non plus. J’ai eu affaire à des enfants qui malgré leur bonne volonté et malgré la bonne volonté de leur entourage ne pouvaient pas fixer leur attention, ou ne pouvaient mémoriser leurs leçons assez longtemps pour s’en souvenir à l’école le lendemain matin. D’autres encore étaient si agités et si violents qu’on hésitait à les garder à l’intérieur du système scolaire habituel.

Il fallut pour ceux-là considérer la voie physiologique et se demander s’ils ne réagissaient pas violemment à certains facteurs nutritionnels.
J’en suis donc venue à considérer l’échec scolaire comme la résultante de facteurs multiples et comme solvables pourvu qu’on cherche assez longtemps et dans plusieurs directions avant de baisser les bras et d’évacuer cet enfant sur une voie de garage.

Le message que je voudrais laisser aux parents est un message d’espoir : on peut aider un enfant en difficulté scolaire. J’ai rédigé quelques vignettes d’enfants qui, de prime abord semblaient peu enclins à la réussite scolaire et qui, après qu’on eût trouvé la voie adéquate, ont pu se fondre dans la population scolaire, qui pouvaient atteindre les objectifs fixés et trouver leur propre voie vers un monde adulte satisfaisant.